Premier des trois édifices cultuels conçu par Le Corbusier, la Chapelle Notre-Dame-du-Haut affiche, au moment où elle est inaugurée en 1955, des courbes inédites chez l’architecte.
Elle précède le Couvent de La Tourette et sa cubique église Sainte-Marie, ainsi que l’i-conique église Saint-Pierre de Firminy, réalisée après sa mort.
Située au sommet d’une colline ouverte aux quatre horizons, cette chapelle succède à une plus ancienne, en partie détruite lors de bombardements en fin de Seconde Guerre mondiale.
Le Corbusier est réticent à travailler pour l’Eglise et à prendre ce projet au départ mais il va changer d’avis après avoir visité le site et découvert le paysage Vosgien vallonné qui l’entoure, d’autant plus qu’une totale liberté de conception lui est offerte.
On lui donne l’occasion de construire un bâtiment isolé et culminant, une « machine à émouvoir » inspirée du Parthénon, dont les accès périphériques dégagés offrent autant de commencements possibles de promenades architecturales, permettant d’apprécier à la fois son sens du détail et son art pictural.

Le Corbusier crée à Ronchamp son premier édifice organique, courbé de toutes parts, et avec un toit inspiré d’une carapace de crabe ramassée dix ans auparavant sur une plage de Long Island, près de New York.
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L’œuvre culminante de Le Corbusier, à la blancheur immaculée

Classée aux monuments historiques depuis 1967 et inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2016, la Chapelle Notre-Dame-du-Haut de Le Corbusier a fait entièrement peau neuve à l’occasion de ses 70 ans, en 2025.
De pierre et de ciment, chaux devant vêtue
La colline de Bourlémont, où se dresse la Chapelle de Ronchamp, est pentue à son sommet, ce qui complique la logistique du chantier dans les années 1950.
Sans accès routier facile, il faut réunir une équipe motivée, héberger les ouvriers sur place, utiliser l’eau de pluie et un générateur électrique, et installer des échafaudages en bois rustiques sur les murs qu’ils contribuent à construire. Autant de contraintes qui ne déplaisent pas à Le Corbusier.
Ce dernier décide de recycler les pierres provenant de l’ancienne chapelle pour remplir les murs, entre des piliers en béton armé, quand ce n’est pas l’air de la colline, comme pour le mur creux de la façade sud.
Grâce aux piliers cachés, l’architecte peut respecter l’un des 5 points de l’architecture nouvelle avec des « façades libres », qui permettent de créer des ouvertures dans des murs non porteurs avec une grande liberté.
L’ensemble des murs est unifié par un ciment projeté, blanchi, à l’origine, à la chaux.

Deux ans avant de démarrer ce projet, Le Corbusier a publié son système de mesure basé sur des proportions humaines, le Modulor.
Il a commencé à l’appliquer dans la même région pour réaliser l’usine Claude et Duval à Saint-Dié-des-Vosges, puis dans le sud de la France pour sa première unité d’habitation, la Cité Radieuse à Marseille.
L’architecte s’y réfère à nouveau pour les dimensions de la Chapelle de Ronchamp et de son mobilier, ainsi que pour deux petites constructions annexes.
Rock around the coque

Le toit pointu et sculptural de la chapelle Notre-Dame-du-Haut, devenu une icône architecturale brutaliste du XXe siècle, représente à son échelle une petite prouesse technique.
Pour mettre en œuvre sa réalisation, il a fallu constituer une « forêt » de 600 troncs d’arbre pour soutenir la base du caisson dans lequel il a été coulé.

La coque en béton armé brut de décoffrage qui apparait massive s’avère être creuse à l’intérieur (voir son exploration plus bas).
Afin de détacher visuellement le toit de l’édifice, Le Corbusier reprend un principe qu’il avait déjà utilisé pour la salle d’exposition de la Maison La Roche en 1923 à Paris, avec des bandeaux vitrés affleurants deux côtés de la toiture.
Pour la chapelle de Ronchamp, la séparation avec les murs se fait extrêmement fine et concerne toute sa périphérie.

Cet espace d’environ dix centimètres est vitré uniquement au-dessus des façades principales sud et est. Il donne l’impression, plus encore depuis l’intérieur, que le toit flotte légèrement au-dessus du bâtiment.

La structure entière de cette vaste coque de béton repose sur dix-sept piliers intégrés dans les murs, ainsi que sur un dix-huitième, visible à l’extérieur du côté nord sous la partie débordante.
Les façades concaves
Pour Le Corbusier, accueillir les visiteurs ou les pèlerins, et les attirer vers la chapelle, passe par leur présenter des façades enveloppantes, courbées sur l’intérieur.
La façade Est

La face orientale privilégiée d’une Chapelle de Ronchamp, résolument orientée de l’ouest vers l’est, à une particularité : avec sa croix, sa chaire et son autel, protégés par le toit débordant, elle constitue une véritable église à ciel ouvert pouvant accueillir plus d’un millier de personnes pour une célébration dans un cadre champêtre, alors que l’intérieur est limité à 200 fidèles.

Près du mur sud, une porte de service pivotante, surmontée de brises-soleils fixes en béton qui se superposent jusqu’au toit, permet de relier les deux plateaux liturgiques de la chapelle.

Le revêtement cimenté de cette porte laisse apparaître plusieurs moulages de coquilles Saint-Jacques, semble-t-il, qui confortent l’une des sources d’inspiration marines des plus atypiques de Le Corbusier pour ce lieu de culte situé au cœur des Vosges, très loin de la mer.

Le « cache-montre » pilier de Le Corbusier : une leçon d’architecture

Côté nord de la façade est, une construction demi-cylindrique habille un pilier de soutènement. Elle reprend la forme des tours des chapelles annexes et vient faire écho visuellement à l’arrière de la grande chapelle coté sud, équilibrant la vue préférentielle de l’édifice, c’est-à-dire en angle du côté sud-est.

Au delà de l’harmonie architecturale, la fonction première de ce cache pilier est de fermer l’espace extérieur du chœur.

On peut s’interroger sur la manière dont Le Corbusier met en scène ce pilier, le seul de l’édifice à être visible.
Sa partie supérieure, libre, reste apparente, donnant un indice sur la façon dont le toit de la chapelle est soutenu.
Sa partie médiane se trouve partiellement ceinte par un mur.
Sa base, quant à elle, demeure dissimulée, enchâssée dans une masse bâtie.
Si l’on lit cet agencement structurel de haut en bas, le visiteur averti peut y voir un message implicite de l’architecte : la coque de ma toiture repose sur des piliers dissimulés dans les murs !
À l’inverse, une lecture ascendante, d’ordre symbolique, peut évoquer la croyance, avec cette libération progressive du pilier, comme une élévation spirituelle vers le ciel.
Ainsi, chez Le Corbusier, la promenade architecturale n’est pas seulement contemplative : elle peut être aussi révélatrice de sens.
La façade Sud

Le mur le plus ensoleillé de la chapelle s’avère être, dans sa partie centrale, le plus épais, en plus d’être creux et d’avoir une section triangulaire !
Il est percé de 27 petites ouvertures dont certaines ont une découpe semi pyramidale qui permet de concentrer la lumière sur les vitrages peints par Le Corbusier.

Ce mur doublement incliné réunit, avec le toit, la technicité la plus avancée de la chapelle.
Pour se le représenter sans son habillage, il faut imaginer un assemblage de grillages métalliques insérés dans une structure de poteaux et de poutrelles en béton, recouvert de quelques centimètres de ciment projeté.
Ce procédé de voile mince a permis d’éviter de remplir de pierres un volume conséquent, passant de 3,70 m d’épaisseur à sa base à 50 cm à son sommet.
L’épaisseur évidée du mur méridional, comme le vide d’air dans le toit, participent à conserver l’été un air tempéré à l’intérieur, comme dans les églises anciennes.

Le chemin le plus direct pour gravir la colline conduit assez naturellement à un grand portail émaillé, entièrement décoré sur ses deux faces par Le Corbusier. On pourrait croire qu’il s’agit de l’entrée principale, mais sa fonction s’avère, en réalité, plus limitée.
L’absence de poignée est volontaire : conçue comme un seuil rituel plutôt que comme une entrée courante, cette porte pivotante ne s’actionne que depuis l’intérieur de la chapelle, lors des grandes célébrations.

La symbolique de sa face extérieure n’apparaît pas de façon évidente au profane comme strictement d’inspiration religieuse, mais les connaisseurs associent les mains ouvertes à l’Annonciation.
De façon prosaïque, outre les formes géométriques, dont certaines compositions triangulaires peuvent évoquer des pyramides, on remarque un chemin sinueux comme celui qui permet d’accéder à la colline à partir de Ronchamp, à moins qu’il ne s’agisse d’une référence à l’ancien chemin de croix.
Beaucoup de ces symboles, comme d’autres à l’intérieur de la chapelle, peuvent être décryptés selon son obédience.

On remarque que l’architecte/artiste a placé deux signatures, tout d’abord nominativement dans un petit nuage noir en haut de la porte, puis avec une représentation pittoresque de ses empreintes digitales comportant ses initiales.

Les façades convexes
Bombées, dilatant l’espace à intérieur, les façades convexes poussent peut-être, à l’extérieur, les visiteurs à prendre du recul et à porter leur attention sur la respiration d’un bâtiment qui se veut accueillant et protecteur, comme son symbole marial.
La façade Ouest

La façade du couchant qui constitue l’arrière de la chapelle, se trouve totalement aveugle.
Un double conduit central évacue l’eau de pluie provenant du toit dans un petit bassin en béton, aux contours arrondis, qui contient des constructions tétraèdres ainsi qu’un cylindre biseauté.

Ce décor, en phase avec répertoire plastique de Le Corbusier, a été imaginé en fin de chantier par son assistant, André Maisonnier.
C’est lui, l’architecte de l’ombre de la chapelle, que le maître a tout de même discrètement honoré en inscrivant son nom à côté du sien sur la porte d’entrée principale.
Talentueux dessinateur et sculpteur, André Maisonnier a réalisé une grande partie des plans et des maquettes du projet, et est resté sur place pour conduire le chantier, contribuant grandement aux affinages architecturaux, en particulier celui du toit.

Au dessous de la gargouille proéminente, le dos bossu de Notre-Dame-du-Haut de Ronchamp abrite deux confessionnaux accessibles de l’intérieur.
Sous le bassin, un réservoir d’eau de pluie enterré est resté longtemps indispensable à la vie de la chapelle, permettant de pallier à la difficulté d’acheminer de l’eau au sommet de la colline.
La façade Nord

Avec ses 16 petites ouvertures aux vitres décorées qui filtrent la lumière, la façade septentrionale vient concurrencer, dans une moindre mesure, la façade sud.
Elle participe à éclairer plus légèrement le chœur de la chapelle et présente un escalier de service extérieur permettant d’accéder à la sacristie mais aussi à un autre endroit un peu plus secret (voir plus bas).

Les deux « clochers » des chapelles jumelles latérales encadrent majestueusement une petite entrée qui conduit directement dans la nef.
Celle-ci est surmontée de brise-soleil qui, s’ils s’avèrent quasiment inopérants de ce côté, participent d’une certaine cohérence architecturale avec la structure identique présente sur la façade est.
Pour des raisons pratiques, mais peut-être aussi pour une raison symbolique, la plus modeste des portes d’entrée de la chapelle est celle qui est la plus utilisée.
La chapelle méditerranéenne des Vosges

Parmi les influences attribuées à Le Corbusier dans la conception de la chapelle Notre-Dame-du-Haut, la mosquée Sidi Brahim à El Atteuf, en Algérie, qu’il avait eu l’occasion de visiter auparavant, pourrait avoir une place particulière.
Certains traits de Ronchamp rappellent cette architecture, notamment le rapport à la lumière, un plan aux contours assez libres, l’ancrage dans la topographie du site, les formes épurées ou encore le jeu des ouvertures.
L’intérieur de la chapelle de Ronchamp, un cocon sculpté par la lumière

Avec sa voûte inversée, à rebours des constructions religieuses traditionnelles, le volume intérieur se trouve comprimé, favorisant un recueillement plus introspectif.
Pour Le Corbusier, la lumière « divine » se matérialise logiquement par des sources lumineuses provenant des parties les plus hautes de la chapelle.
Du fin rayon lumineux détachant l’immense plafond incurvé aux puits de lumière voûtés éclairant les trois chapelles annexes, tout est pensé pour conduire le regard vers le haut et, dans une lecture religieuse, vers le symbolisme du ciel.

A l’arrière de l’autel, côté est, un canon de lumière horizontal, peint avec des couleurs vives, constitue le prototype de ceux qui illumineront plus tard l’église de Firminy.
Il sert ici à mettre en valeur un tout autre « canon » : une statue polychrome de la Sainte Vierge, récupérée de l’ancienne chapelle.
À contre-jour à l’intérieur, Marie peut se tourner vers l’extérieur grâce à un support rotatif, afin de s’illuminer face au plus grand nombre lors des célébrations religieuses en plein air.

Les trous de lumière qui entourent ce canon symbolisent une constellation d’étoiles et compensent, d’une certaine manière, l’absence de couronne étoilée sur la statue.
Leur positionnement, apparemment aléatoire, provient en réalité d’une improvisation de Le Corbusier, qui a réutilisé certains points de fixation des échafaudages ayant servi à la construction de cette façade.
Les murs de lumières
Pour la chapelle de Ronchamp, Le Corbusier applique l’un de ses principes fondamentaux : un dépouillement architectural, sans ornementation au sens classique.
Il s’affranchit des codes usuels d’un lieu de culte, comme les vitraux figuratifs traditionnels, pour leur substituer une multitude de petites ouvertures garnies de vitrages parfois peints ou colorés, à travers lesquels il est parfois possible de voir l’extérieur.

Les formes pyramidales des ouvertures, inversées par rapport à celles de l’extérieur, permettent de diffuser la lumière.
Du côté nord, le mur violet de la sacristie, impose la couleur liturgique de la pénitence et du recueillement.

Les portes pivotantes
Le décor intérieur de la porte principale est sensé évoquer de façon très symbolique, l’Assomption.

Ici aussi, les interprétations peuvent être multiples car Le Corbusier, qui ne croyait pas en Dieu, a utilisé sa liberté de création pour traiter de thèmes universels qui lui tenaient à cœur, comme la nature et le cosmos.

La mer et la mère, conceptuelles
Si l’une des inspirations iconoclastes de cette chapelle prend sa source dans la mer, une autre mère, Marie, à qui est consacré l’édifice, est majoritairement présente dans les vitraux peints, mais via une représentation principalement textuelle.

Bien que Le Corbusier ait réalisé dans un vitrage bleu sa version picturale très stylisée du visage de Marie, il apparaît que la seule autre représentation de la Sainte Vierge dans la chapelle Notre-Dame-du-Haut soit l’ancienne sculpture qui lui a été imposée.
Le Modulor a sa chapelle
L’utilisation de la grille de référence du Modulor dans un édifice composé d’autant de courbes avec un sol en pente et une grande hauteur sous plafond, pourrait montrer ses limites conceptuelles et se révéler plus anecdotique que dans une « machine à habiter » de Le Corbusier, mais l’architecte s’y réfère pour beaucoup de sections rectilignes et pour fixer des hauteurs maximales ou minimales.
Par exemple, la partie la plus basse de la courbe du toit, contre le mur nord, se situe à 4,52 mètres du sol, soit la hauteur de 2 Modulor bras tendu.

Le dallage de ciment permet une composition strictement respectueuse des unités de mesures du Modulor et présente un assemblage de formes, avec un tracé central plus épais dessinant une grande croix au sol, qui sera repris plus tard dans l’église Sainte-Marie de la Tourette.
Tout le mobilier qui se trouve à l’intérieur de la chapelle est conçu par Le Corbusier, ou par son ami sculpteur Joseph Savina, à partir des cotes du Modulor.
Les 3 chapelles secondaires
La chapelle du levant

Entièrement peinte en rouge, cette chapelle s’illumine au lever du jour.
D’aucuns lui prêtent une symbolique religieuse en lien avec le sang du christ, sans que cela ne soit démontré.
Il est certain que Le Corbusier aimait souvent choisir des couleurs de façon symbolique, donc toute interprétation reste possible.

La chapelle du couchant

Sœur jumelle de la chapelle du levant par sa taille, environ 15 mètres de haut, la tour demi-cylindrique de cette chapelle orientée vers l’ouest se trouve placée pratiquement dos à dos avec la première, seulement séparée par l’entrée côté nord.
La grande chapelle

La plus haute tour de l’édifice fait environ 22 mètres.
Dans les premières esquisses de Le Corbusier, les trois chapelles étaient identiques mais il a choisi d’augmenter la taille de celle-ci, dont l’arrière borde l’entrée coté sud, pour créer un marqueur plus visible depuis la vallée.
Du fait de sa plus grande hauteur, elle peut disposer d’une double rangée de verrières, qui compense la moindre intensité lumineuse, due à son exposition côté nord. Tout comme les autres chapelles, une fine ouverture centrale verticale illumine sa demi-coupole.

Le toit en crête de la Chapelle : secrets de coque

Une fois par mois, pour environ 10 passionnés, le pèlerinage architectural de la Chapelle de Ronchamp peut se terminer dans l’envers du décor.

En visitant l’intérieur de la coque qui protège l’édifice, on découvre une compartimentation proche de celle d’une aile d’avion, avec de petits passages octogonaux qui permettent de se déplacer dans toute la structure.
A certains endroits, la hauteur maximale du plafond correspond au Modulor bras tendu, soit 2,26 m.

Le toit est composé d’une double membrane de béton armé de 6 cm d’épaisseur, rigidifiée par des poutrelles transversales fixées sur sept murs de refend. Sa surface totale fait environ 400 m², soit l’équivalent de deux terrains de tennis.
On retrouve ce principe de double coque en voile de béton — avec un procédé différent — pour la voûte du CNIT de Bernard Zehrfuss à Paris, la Défense.

Un flux de circulation naturel de l’air est rendu possible par deux petites bouches d’aération placées au sommet du toit coté sud et grâce à des ouvertures coté nord donnant sur l’extérieur ainsi que dans la tour de la chapelle du levant.
Etudié depuis l’intérieur de la coque, le mystère de « l’oreille rouge » de Le Corbusier a peut-être à voir avec l’acoustique de la chapelle…

Thierry Allard
Photographe de France et de Navarre.
Les constructions inspirées des maisons « Murondin »
Pendant la deuxième guerre mondiale Le Corbusier imagine un concept de maisons pouvant être construites facilement par des non-initiés afin d’abriter les populations déplacées.
Les murs de ces maisons seraient réalisés avec des matériaux simples, comme du pisé, et les toits constitués par un assemblage de rondins de bois.
L’architecte, comme pour le Modulor, crée un mot-valise pour nommer sa nouvelle idée : les Maisons « Murondin ».
A Ronchamp, il s’inspire de la forme de ces maisons pour deux constructions annexes, mais pour des raisons de durabilité elles sont réalisées en béton.
L’abri du pèlerin

Avec son toit végétalisé, l’abri du Pélerin se fait discret en s’insérant dans la colline.
Réalisé aux mesures du Modulor, il est décoré à l’extérieur par une composition de formes triangulaires peintes, comme sur le portail de la chapelle. Sur un côté, des caissons vitrés reprennent le principe de forme biseautée des ouvertures du mur de la façade sud.

L’intérieur est aussi décoré par Le Corbusier qui choisi de peindre les plafonds et radiateurs avec des couleurs vives et habiller des murs avec de grands tirages photos d’œuvres d’arts religieuses.
Avant d’accueillir ses premiers pèlerins, l’abri a servi à héberger les ouvriers qui ont construit la chapelle.

Aujourd’hui, cet espace n’offre plus son dortoir aux visiteurs, mais pour une retraite spirituelle, ou pour passer une nuit tout près de la dame du haut, il est possible de trouver quelques chambres à prix libre dans le monastère de Sainte-Claire, occupé par la fraternité des Clarisses de Ronchamp.
Ce monastère, enterré dans la colline sur le même terrain que la chapelle, a été conçu par l’architecte Renzo Piano dans les années 1970.
La Maison du Chapelain

Aujourd’hui entièrement cernée par la nature, la Maison du Chapelain dispose aussi de son toit végétalisé et d’un profil « Murondin », avec ses deux pans de toit décalés, comme l’abri des Pèlerins. Habitée par le gardien des lieux, la maison peut se visiter parfois pendant les journées du patrimoine.
Réalisations annexes
Mémorial de la paix
Du coté est de la Chapelle, une petite pyramide à l’allure Inca constitue la quatrième construction de Le Corbusier sur le site. Réalisée avec les pierres restant du chantier, il s’agit d’un monument commémoratif dédié aux combattants morts.

Il est possible de grimper à son sommet pour suivre une cérémonie à l’extérieur ou pour observer d’un peu plus haut la chapelle.
Le campanile

Le Corbusier n’a pas eu la possibilité de réaliser un clocher extérieur.
En 1975, Jean Prouvé est venu créer un Campanile en acier avec l’aide du Modulor et y accrocher 3 cloches, dont l’une provient de l’ancienne chapelle.
