L’architecte français Bernard Zehrfuss à conçu dans les années 1970 le musée gallo-romain de Lyon, appelé aujourd’hui le Musée Lugdunum.

Accolé au théâtre gallo-romain lyonnais situé sur la colline de Fourvière, le musée Lugdunum se fait presque invisible de l’extérieur et cache la majeure partie de son architecture brutaliste sous terre.

Détruisant une partie de colline pour la reconstituer ensuite autour du musée, l’architecte à pris soin d’occulter le plus possible son dernier chef-d’œuvre architectural.

La partie supérieure du musée qui émerge à l’air libre se fait donc relativement discrète.
Elle pourrait nous laisser passer à côté de ce joyau d’architecture, dont toute la beauté se trouve à l’intérieur.

Une entrée en matière spectaculaire

En pénétrant dans le hall d’accueil supérieur du Musée Lugdunum, le béton brut s’affiche aux murs et au plafond et donne immédiatement le ton de l’architecture intérieure brutaliste mise en œuvre par Bernard Zehrfuss.

Entrée principale du musée gallo romain Lugdunum à Lyon

Le seul point lumineux qui nous attire inexorablement s’avère être l’entrée « ombilicale » du musée, surplombée d’un plafond alvéolé très organique.

Le plafond nautilus

Si, pour certains, les alvéoles régulières du plafond évoqueront plutôt les pétales d’une marguerite, mon imagination débridée et ces points de vue photographiques me transportent plus dans le monde des coquillages, peut-être du coté des ammonites ou du nautilus.

Puits de lumière dans l'escalier en spirale du musée Lugdunum

Pour le photographe d’architecture, le jeu de formes associé à ce puits de lumière qui génère des contrastes marqués se révèlent être un véritable cadeau du ciel… ou plutôt de l’architecte ?

L’escalier vortex

On pénètre dans la « spirale du temps », conceptualisée par Bernard Zehrfuss pour le musée Lugdunum, par un escalier majestueux de forme hélicoïdale.

Escalier en spirale du musée Lugdunum

Avec cette entrée spectaculaire, Bernard Zehrfuss a déployé tout son talent d’architecte metteur en scène pour nous donner l’envie de changer d’espace temps, jusqu’à l’époque gallo romaine.

Voyage intérieur dans l’architecture du musée Lugdunum

Intérieur du musée Lugdunum de Bernard Zehrfuss

Silence, on tourne

En pénétrant à l’intérieur de l’espace d’exposition, on est immédiatement frappé par la qualité du silence, extrêmement enveloppant.

Les alvéoles des plafonds en béton participent à l’atténuation acoustique du lieu autant que, très probablement, la terre qui entoure tout le bâtiment.

L’intérieur du musée de Lugdunum est conçu en pente douce pour une déambulation circulaire, qui s’inspire, sur le principe, du musée Guggenheim de Franck Lloyd à New-York.

Chemin de ronde à l'intérieur du musée Lugdunum

Un chemin de ronde descend en pente douce au centre du bâtiment et est relié par endroits aux plateaux d’expositions horizontaux, qui communiquent entre eux par des emmarchements.

Des murets de différentes hauteurs séparent les différentes zones tout en nous permettant de voir la totalité de la structure intérieure.

Structure intérieure en béton armé du musée Lugdunum

L’extrême précision des moulages se voit à la finesse des arêtes des arcs boutants coulés sur place comme aux alvéoles parfaites des caissons de planchers réalisés en béton préfabriqué.

Plateau d'exposition au musée Lugdunum de Lyon

La mise en place des vestiges archéologiques exposés à été simulée à l’aide d’un endoscope placé à l’intérieur d’une maquette complète du bâtiment.

Un procédé similaire au Relatoscope, que j’avais évoqué à l’occasion d’un précédent reportage photographique sur les Orgues de Flandre à Paris.

Une cathédrale de béton souterraine

Pilier central interieur du musée Lugdunum

La structure intérieure, entièrement constituée de béton armé brut de décoffrage, est sans murs porteurs. Elle est constituée de 10 portiques et d’arcs boutants de grande portée qui ont été coulés sur place sans précontrainte.

L’architecte Bernard Zehrfuss a toujours su s’entourer de spécialistes dans la mise en œuvre du béton armé, comme pour la réalisation du CNIT de La Défense à Paris.

Dans le cadre de la réalisation de ce musée gallo romain de Lyon, il a su profiter du savoir-faire local comme celui de la coopérative l’Avenir, qui avait participé à la construction des gratte-ciels de la ville de Villeurbanne, dans la proche banlieue lyonnaise (article à venir).

Des “Trous de ver” dans l’architecture

Mosaïque romaine au musée Lugdunum gallo romain de Lyon

Symboliquement, le voyage dans le temps jusqu’à l’époque gallo-romaine se fait parfois grâce à des perforations entre les étages, comme des raccourcis permettant d’admirer à la fois l’architecture de Zehrfuss et des parterres de mosaïques romaines.

Salle d'exposition du musée Lugdunum contenant une Mosaïque romaine

Une architecture respectueuse presque invisible

La partie supérieure en béton cannelé du musée de Lugdunum qui surplombe la colline est dédiée aux parties administratives.

Elle comporte quelques fines ouvertures verticales et est la seule partie du bâtiment visible de l’extérieur, à l’exception des boîtes à lumière émergeant du flan de la colline.

Etage supérieur du musée de Lugdunum

Un musée sans façades

Pour l’essentiel du musée, qui concerne les lieux d’exposition, Bernard Zerhfuss à donc mis en œuvre une architecture « invisible » de l’extérieur, comme il l’avait déjà expérimenté pour l’un des bâtiments de L’Unesco à Paris. Mais cette fois-ci, la volonté d’effacement de sa construction est une marque de respect envers le chef-d’œuvre voisin, d’architecture romaine.

Le musée Lugdunum sur la colline de Fourvière à Lyon

Les canons de lumière

Les salles de collections du musée de Lugdunum sont très peu exposées à la lumière provenant de l’extérieur.
Quelques puits de lumière et 2 conduits tubulaires en béton surnommés « canons de lumière » apportent un peu de la lumière naturelle.
Ces derniers sortent de terre du côté sud et sont terminés par de grandes baies vitrées.

Au pied de la colline reconstituée deux autres ouvertures constituent une entrée technique et une entrée/sortie du musée au niveau de la scène du théâtre antique.

Canon de lumière dans le musée Lugdunum

Les canons de lumière ont étés utilisés, avant d’être vitrés, pour faire rentrer les plus grosses pièces du musée.

Théâtre antique sur grand écran

Canon de lumière donnant sur le théatre romain de Fourvière à Lyon

A Lyon, surnommée « ville des lumières », où la projection cinématographique sur grand écran à été inventée, le musée Lugdunum, grâce a ses « canons à lumière », nous propose deux écrans géants permettant d’admirer, comme au cinéma, le splendide théâtre romain de Fourvière et son Odéon.

Pour en savoir plus sur le Musée Lugdunum de Lyon, je vous conseille le livre « Bernard Zehrfuss architecte de la spirale du temps » sous la direction de Christine Desmoulins aux éditions SilvanaEditoriale.

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